Catégorie : poeticon 2

Colette Nys-Mazure

Colette Nys-Mazure a écrit des textes autour des œuvres d’Alexis Lippstreu. Ruminations/Ressassements La pointe du crayon gris poursuit les interprétations invisibles aux yeux hâtifs essentielles à ta main patiente un langage d’énigmes et ses aléas désirables des ombrés vifs plutôt que de fraîches couleurs   Jouer pour rire Dans la chambre de Van Gogh réitérée […]

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Guillaume Ledent, le Mot-dit

Rencontre avec Guillaume Ledent, chanteur tournaisien,
avec un nouvel album avec le groupe “Dérange ta chambre”.

Question candide pour commencer : qu’est-ce que la poésie pour toi ?
Je crois que c’est un regard d’enfant sur le monde, tout simplement. Un poète, c’est quelqu’un qui a gardé un regard d’enfant. Et je pense que c’est important. C’est plus ça,… le fond plus que la forme.

Toi, en chanson, tu considères que tu fais de la poésie ?
Je ne me pose pas la question. Quelqu’un qui crée ne se pose pas la question de savoir s’il est artiste ou pas. C’est le regard que les gens ont, qui fait que c’est poétique ou pas. C’est le public qui décide. Je n’utilise pas le mot “poésie”. Quand on pense à la poésie, on pense à Verlaine, Baudelaire,… et puis on se dit “qui sommes-nous pour se mettre dans le même sac que ces grands hommes ?”
Par rapport à la chanson, dans la poésie il y a quelque chose de plus noble. La chanson, c’est plus “variété”, non pas plus accessible,… mais je mets la poésie sur un piédestal en comparaison avec la chanson. Pareil pour la musique classique, un compositeur est quelqu’un qui connaît bien les règles de l’art. Un compositeur de chansons, c’est un “entre deux”. Gainsbourg disait que la chanson est un art mineur, mais pas dans le sens péjoratif, mais dans le sens où cela regroupe plein d’autres arts. Moi, je ne me définis pas comme “poète”. Peut-être que les gens le diront, mais… Lire la suite

Alexis Lippstreu et la fondation Paul Duhem

Une fondation pour sauvegarder, étudier et diffuser un patrimoine artistique d’exception.

Alexis Lippstreu, Sans titre (tiré du Déjeuner dans l'atelier d’Edouard Manet), nd, crayons gris sur papier, 55 x 73 cm
Alexis Lippstreu, Sans titre (tiré du Déjeuner dans l’atelier d’Edouard Manet), nd, crayons gris sur papier, 55 x 73 cm.

Créée en 2016, la Fondation Paul Duhem est une émanation de l’atelier dessin et peinture du Centre La Pommeraie (Beloeil), animé par l’artiste Bruno Gérard.
Complémentaire aux institutions muséales, elle vise avant tout à être le réceptacle d’œuvres en péril suite au départ de l’animateur, du changement de la direction ou du fait d’une modification de politique pédagogique interne au centre pour personnes handicapées. Ayant connu plusieurs cas de destruction d’une partie ou de l’ensemble des travaux de personnes fragilisées, Bruno Gérard s’est rendu compte de la vulnérabilité de ces productions artistiques. La Fondation Paul Duhem est ainsi née de l’interrogation : « Que vont devenir toutes les œuvres produites par ces artistes ? ». Lire la suite

La poésie et l’Iran, retour de voyage par Jacky Legge

Alors que, chez nous, le mot poésie entraine un sourire ironique ou engendre haussements d’épaules, elle est omniprésente en Iran et cela dans toutes les strates de la société, ce qui est encore plus remarquable.

La poésie se peint sur l’arrière de voitures, camionnettes ou camions. Des passants portent des tee-shirts, des foulards décorés d’extraits de poèmes. Des poèmes ornent des pièces de vaisselle et les papiers Kraft d’emballage. Des guides touristiques glissent dans leurs commentaires des extraits de textes récités de mémoire.

La poésie se fait aussi peintures murales ou sculptures dans l’environnement urbain.
Geste architectural fort, la Bibliothèque d’Ispahan est environnée d’œuvres. Ainsi, absorbé par la lecture de son ouvrage, un lecteur en bronze est indifférent à l’averse suggérée par son parapluie déployé. Une haute sculpture noire d’apparence abstraite alliant traits, courbes et volutes s’avère pour l’Iranien la calligraphie rythmée d’un poème. Lire la suite

Sophie Rousseau et Jean-Pierre Nicol

Je ne sais plus exactement quand il m’a été donné de rencontrer l’œuvre de Sophie Rousseau, un temps lilloise cependant, mais c’était bizarrement de manière virtuelle.
Et notre relation l’est d’ailleurs plus ou moins restée depuis. Autant dire qu’à l’exception de travaux que nous avons commencés à partager – pour ma part avec gourmandise -, dont un merveilleux petit leporello bleu rehaussé à la feuille d’or en très peu d’exemplaires, fleuron de ma
bibliothèque de livres précieux, et de très belles reproductions de monotypes accompagnant une exposition parisienne au Couvent des Dominicains, je n’ai aucune autre trace « tangible », et je dirai, sourire aux lèvres, preuve de son existence. Bien que son œuvre m’apparaisse prolifique et essentielle.
Mais l’important est que nous nous soyons rencontrés, de quelconque manière. Lire la suite

Philippe Mathy, poète

Une interview écrite permet de peser les mots et les réponses sont donc d’autant plus justes. Philippe Mathy, qui vient de remporter le Prix Mallarmé 2017, a accepté avec plaisir d’y répondre. Pas une virgule n’a été changé à ce qui a été écrit.

Peux-tu donner une définition de la Poésie ou de TA poésie ?
Gérard Pfister a écrit un très beau livre humoristiquement intitulé « La poésie, c’est autre chose » et sous-titré 1001 définitions de la poésie. Mille et une, comme les nuits ! C’est dire qu’il n’est pas possible de donner une définition de la poésie. Il est vrai que dans le jardin « poésie » les fleurs sont très variées, ce qui est une bonne chose. La diversité est toujours source de richesses.
Quant à donner une définition de ma poésie, je ne pense pas que le poète soit le mieux placé pour définir sa propre poésie. Pour ne pas éluder la question, je vous en offre trois affichées dans mon bureau, parce que je les aime, parce que je m’y retrouve. De Rainer Maria Rilke : « Oubliez rien qu’un jour d’être modernes et vous mesurerez tout ce que vous avez en vous d’éternité ». De Jean Cocteau : « Écrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture ». Et enfin cette belle définition de Paul Celan : « La poésie, cette parole qui recueille l’infini là où n’arrivent que du mortel et du pour rien. »

La poésie est-elle ou doit-elle être une affaire de spécialistes ?
Non, bien sûr, elle est affaire d’exigences. Après le premier jet qui nous est en partie donné, le travail est nécessaire. Travail sur la langue pour éliminer les clichés, les scories afin qu’un souffle animent les mots entre eux. Veiller au rythme, à la pertinence des images, respecter une vérité de parole en évitant les épanchements trop personnels… Avec le temps, le poète finit par acquérir un métier. Le grand danger qui le guette alors est justement de devenir un spécialiste. Il est capable de fabriquer des poèmes formellement corrects mais qui ne correspondent plus à une nécessité intérieure, à cette vérité de parole dont parlait Yves Bonnefoy. Oui, la poésie demeure une affaire d’exigences. Lire la suite

Poeticon n°2 (décembre 2017)

Editorial Mélange, mixité, mixage, métissage… peu importe le mot utilisé, ce sont toujours des rencontres. Et l’expression poétique n’est pas en reste : Sophie Rousseau et Jean-Pierre Nicol [page 17] ou Alexis Lippstreu et Colette Nys-Mazure [page 25] proposent ici quelques pages où textes et images se rapprochent… Jacky Legge [page 9] a fait la rencontre […]

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