Catégorie : Rencontres et interviews

Jacques Mercier interview

Peux-tu donner une définition de la Poésie ou de TA poésie ? Si l’on excepte la définition qui dirait que tout est poésie, si on en possède le sens, je peux définir ce qu’est « pour moi » la poésie écrite. Ce sont des mots qui tentent d’être les reflets d’un moment de fulgurance, qui me dépasse, qui […]

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Guillaume Ledent, le Mot-dit

Rencontre avec Guillaume Ledent, chanteur tournaisien,
avec un nouvel album avec le groupe “Dérange ta chambre”.

Question candide pour commencer : qu’est-ce que la poésie pour toi ?
Je crois que c’est un regard d’enfant sur le monde, tout simplement. Un poète, c’est quelqu’un qui a gardé un regard d’enfant. Et je pense que c’est important. C’est plus ça,… le fond plus que la forme.

Toi, en chanson, tu considères que tu fais de la poésie ?
Je ne me pose pas la question. Quelqu’un qui crée ne se pose pas la question de savoir s’il est artiste ou pas. C’est le regard que les gens ont, qui fait que c’est poétique ou pas. C’est le public qui décide. Je n’utilise pas le mot “poésie”. Quand on pense à la poésie, on pense à Verlaine, Baudelaire,… et puis on se dit “qui sommes-nous pour se mettre dans le même sac que ces grands hommes ?”
Par rapport à la chanson, dans la poésie il y a quelque chose de plus noble. La chanson, c’est plus “variété”, non pas plus accessible,… mais je mets la poésie sur un piédestal en comparaison avec la chanson. Pareil pour la musique classique, un compositeur est quelqu’un qui connaît bien les règles de l’art. Un compositeur de chansons, c’est un “entre deux”. Gainsbourg disait que la chanson est un art mineur, mais pas dans le sens péjoratif, mais dans le sens où cela regroupe plein d’autres arts. Moi, je ne me définis pas comme “poète”. Peut-être que les gens le diront, mais… Lire la suite

Philippe Mathy, poète

Une interview écrite permet de peser les mots et les réponses sont donc d’autant plus justes. Philippe Mathy, qui vient de remporter le Prix Mallarmé 2017, a accepté avec plaisir d’y répondre. Pas une virgule n’a été changé à ce qui a été écrit.

Peux-tu donner une définition de la Poésie ou de TA poésie ?
Gérard Pfister a écrit un très beau livre humoristiquement intitulé « La poésie, c’est autre chose » et sous-titré 1001 définitions de la poésie. Mille et une, comme les nuits ! C’est dire qu’il n’est pas possible de donner une définition de la poésie. Il est vrai que dans le jardin « poésie » les fleurs sont très variées, ce qui est une bonne chose. La diversité est toujours source de richesses.
Quant à donner une définition de ma poésie, je ne pense pas que le poète soit le mieux placé pour définir sa propre poésie. Pour ne pas éluder la question, je vous en offre trois affichées dans mon bureau, parce que je les aime, parce que je m’y retrouve. De Rainer Maria Rilke : « Oubliez rien qu’un jour d’être modernes et vous mesurerez tout ce que vous avez en vous d’éternité ». De Jean Cocteau : « Écrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture ». Et enfin cette belle définition de Paul Celan : « La poésie, cette parole qui recueille l’infini là où n’arrivent que du mortel et du pour rien. »

La poésie est-elle ou doit-elle être une affaire de spécialistes ?
Non, bien sûr, elle est affaire d’exigences. Après le premier jet qui nous est en partie donné, le travail est nécessaire. Travail sur la langue pour éliminer les clichés, les scories afin qu’un souffle animent les mots entre eux. Veiller au rythme, à la pertinence des images, respecter une vérité de parole en évitant les épanchements trop personnels… Avec le temps, le poète finit par acquérir un métier. Le grand danger qui le guette alors est justement de devenir un spécialiste. Il est capable de fabriquer des poèmes formellement corrects mais qui ne correspondent plus à une nécessité intérieure, à cette vérité de parole dont parlait Yves Bonnefoy. Oui, la poésie demeure une affaire d’exigences. Lire la suite

Jofroi : poète chanteur

 

Pour répondre à nos questions, Jofroi a fait ce qu’il sait très bien faire : chanter. Écoutez ! (Avec son aimable autorisation)

INTERVIEW : Jofroi vit à Cabiac sur terre, à une trentaine de kilomètres d’Alès, entre Ardèche et Cévennes. C’est en candide que nous lui avons posé quelques questions sur la poésie… Jofroi nous a envoyé ses réponses et c’est mot pour mot sans en changer une virgule que nous vous les livrons.

La poésie… j’ai envie de répondre à ce petit questionnaire par des extraits de la chanson que j’ai écrite sur le sujet.
Au bout du compte, ça répond assez bien, et poétiquement, à presque toutes les questions.

Peux-tu donner une définition de la Poésie ou de TA poésie ?
Elle court toute nue dans la rue
Elle est à toi si tu l’as vue
La poésie, la poésie… Lire la suite

Annette Masquilier : “J’en fais qu’à ma tête”

Poeticon a rencontré Annette Masquilier, artiste plasticienne et animatrice de l’Atelier Théâtre et Marionnettes du Centre La Pommeraie, centre pour adultes handicapés à Ellignies-Ste-Anne. Depuis des années, elle crée avec ses résidents des spectacles à la poésie avérée mais pas forcément volontaire.

C’est le cinquième spectacle créé avec La Pommeraie. On a commencé, il y a 25 ans, avec une adaptation de Notre Dame de Paris, et on a enchaîné avec une création : Un bocal pour deux. Ensuite on a fait La consigne qui a eu un très gros succès.
Au tout début il s’agissait de marionnettes à tringles et j’y mettais beaucoup ma “patte”… Ensuite, on y a ajouté toutes sortes de marionnettes et je me suis dit au fil du temps, ma pratique s’étant affinée, que ce serait bien que ce soit la création des résidents, que les marionnettes soient faites par eux, que ce soit leurs textes qui soient mis en scène.
Alors on a fait appel à Paul Mahieu et Éliane Roussel de la Scribande à Wez-Velvain. Ils sont venus faire des ateliers d’écriture et ça a donné des textes extraordinaires ! Je les ai mis en scène et je me suis inspiré des dessins des résidents pour faire des marionnettes. Avec le spectacle La Consigne, reconnu dans les Tournées Arts et Vie, on a joué partout dans les centres culturels, en Suisse, Charleville-Mézière et même Paris… Lire la suite

Michel Monnereau, écrivain

On dodeline du rêve.
Un amour mal éteint sur le front de vivre.
Le nœud coulant du temps.
La vie et ses revers liftés. N’habite plus le corps indiqué.
Le champ de l’oubli.
Des rides jusque dans ses phrases.

Extrait de Je suis passé parmi vous (La Table Ronde, 2016)

 

INTERVIEW Michel Monnereau a accepté de répondre à nos questions. Pas une virgule n’a été changé à ce qui a été écrit. Ce “questions-réponses” vous est livré tel quel.

Peux-tu donner une définition de la poésie ou de TA poésie ?

Forme la plus haute de la littérature, la poésie en est la quintessence, l’épure. Le verbe nu et brillant comme une lame. Elle n’est jamais gratuite, sauf chez les cuistres et les momifieurs de langage. Au contraire, elle met en jeu l’être, qu’elle éclaire par éclats, intermittences, jaillissements, bonheurs d’écriture, moments rares. Ce sont autant de passages vers autre chose, autant de possibilités de rencontre de soi et des autres.
Pour moi, la poésie est cet enjeu, un engagement féroce sur la piste – qui a pris diverses formes. Après un premier recueil cosmopolite,
ouvert au monde (L’Arbre à poèmes, 1973), mon écriture a en effet éclaté : une veine urbaine née de l’urgence violente de la ville (Polaroïd, 1989), une veine humoristique (Le Parti pris d’en rire, 1993 et Les Zhumoristiques, 2006) – car le sérieux tue plus sûrement que la honte -, enfin une forme plus intime, plus resserrée, qui va de l’aphorisme (Haute Lire la suite