“Le poème quotidien” de Marie-Clotilde Roose

Les feuillets se sont accumulés, comme ces feuilles envolées qui forment peu à peu dans la forêt un humus, à partir duquel jaillissent soudain des bourgeons clairs, quand on ne les attendait plus. Il y a dans le processus d’écriture une sorte de poussée, impérative et surprenante, qui oblige l’auteur à écouter ce qui monte, ce qui exige d’être entendu. Ce sont rarement des phénomènes extraordinaires ; c’est plutôt notre regard qui s’affine, notre manière de les voir. Alors la vie qui circule sous les apparences – parfois figées, parfois de mort – reprend toute sa saveur, son sens, son dynamisme. En filigrane demeure un souffle – trace d’être – même si tout s’efface et se métamorphose.
Marie-Clotilde Roose
Image de couverture de Régine Parent

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