Paul Roland, interview

Peux-tu me donner une définition de la Poésie,
ou de TA Poésie ?
Depuis que les poètes se penchent, comme Narcisse, sur eux-mêmes et cherchent à définir la poésie, les définitions se sont multipliées comme des reflets, à l’infini. Ce qui tend à démontrer qu’aucune n’est pleinement satisfaisante.

En ce qui me concerne, il y en a deux qui me parlent davantage.

La première vient d’une réflexion spontanée du poète Yvon GIVERT, que j’interrogeais sur le sujet et qui déclara, au beau milieu de ses plaisanteries : « La poésie, c’est la face cachée du réel » !

La deuxième est tirée d’un poème de Paul ANDRÉ :
« Les cadenas des mots nous ont faits serruriers.
Babel est coffre-fort jamais ouvert, jamais troué. »

Pour ma part, si je dois relever le défi, je dirais de « la» poésie – car elle ne m’appartient pas, je ne peux pas dire: « ma » poésie – qu’elle est comme un éveil, ou pour choisir une image, qu’elle monte comme une flamme au milieu du silence, sans ignorer qu’aujourd’hui, aucun de nous ne sait plus ce qu’est vraiment le silence sans quoi la poésie ne peut surgir.

La poésie, est-elle ou doit-elle être une affaire
de spécialistes ?
Si c’était le cas, la poésie serait une science, une technique ou un métier, ce qu’elle n’est pas.

[…] (Suite dans le Poeticon 4)