Sophie Rousseau et Jean-Pierre Nicol

Je ne sais plus exactement quand il m’a été donné de rencontrer l’œuvre de Sophie Rousseau, un temps lilloise cependant, mais c’était bizarrement de manière virtuelle.
Et notre relation l’est d’ailleurs plus ou moins restée depuis. Autant dire qu’à l’exception de travaux que nous avons commencés à partager – pour ma part avec gourmandise -, dont un merveilleux petit leporello bleu rehaussé à la feuille d’or en très peu d’exemplaires, fleuron de ma
bibliothèque de livres précieux, et de très belles reproductions de monotypes accompagnant une exposition parisienne au Couvent des Dominicains, je n’ai aucune autre trace « tangible », et je dirai, sourire aux lèvres, preuve de son existence. Bien que son œuvre m’apparaisse prolifique et essentielle.
Mais l’important est que nous nous soyons rencontrés, de quelconque manière.
Je ne me souviens pas avoir été, à aucun moment depuis, insensible à ses encres, à ses estampes. Autant inlassable qu’inclassable, elle avoue préférer les « courants d’air » à certains courants d’arts dans lesquels on voudrait la classer.
Tout est mouvance et souffle chez elle, si fortement attirée par l’élément marin (tôt, monitrice de voile !). La prégnance des paysages aquatiques. Océans, lacs, rivières, marais. L’eau ruisselle partout. D’où la permanence de ces bleus profonds régnants par vagues successives, encore et toujours, ces marées noires en coulées submergeantes aussi, ces maelstroms menaçants ou, plus rarement, ces sables apaisés appelant malgré tout de leur calme très provisoire la tempête du pinceau.
Sophie nous convie à notre propre traduction d’un univers fait de suggestions, d’attractions jamais innocentes, jamais
paisibles, d’invites sensuelles, de visions
fugaces ancrées dans la réalité du moment, bourreau de travail assailli par des laisses d’écumes de couleur sur l’estran. Passionnée. Passionnante.

Jean-Pierre Nicol

Pur le chemin
claire la voix

Toute ma ferveur
dans un paraphe
de lumière

Silence autour

Je ne crée pas : j’efface

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