Tournai : Quand la poésie s’empare d’une ville

Le Printemps des Poètes, à Paris, a accepté la candidature de Tournai pour être labellisée Ville en Poésie. Cette reconnaissance est accordée pour les années 2016 à 2018 et peut être prolongée.

En 2015, la Ville et, plus particulièrement, son échevin de la Culture, Tarik Bouziane, ont constitué un groupe de travail avec le Conservatoire, la Bibliothèque, les Écrivains publics, la Maison de la Culture et Unimuse (association d’écrivains).

L’appel à projets à peine lancé, les propositions d’activités se sont bousculées aux portillons. Des ateliers d’écriture poétique ont été organisés dans les écoles primaires avec Françoise Lison-Leroy, ou à la prison grâce aux Écrivains publics. Les premières productions sont devenues des affiches colorées imprimées à l’ancienne, suite à l’initiation des enfants à la typo avec de grandes lettres en bois par Camille Nicolle. Les secondes ont pris leur envol lors d’un spectacle qui inaugurait, au Pont des Trous, le Printemps des Poètes.

La poésie s’est emparée des panneaux électroniques d’information culturelle, sportive et sociale. Ainsi une incise poétique se glissait entre l’annonce d’un match de basket et celle d’un débat sur le développement durable, pour le plus grand étonnement des piétons pressés ou badauds, des cyclistes veillant à leur sécurité et, surtout, des automobilistes, le pied en suspension au-dessus de l’accélérateur. La poésie s’est faite solidaire avec les réfugiés accueillis par la Croix-Rouge à Tournai lors d’un récital de textes inédits d’auteurs établis dans le Tournaisis. Lors de la Fête de l’Accordéon, la poésie s’est faite foraine avec son échoppe qui permettait de haranguer les passants pour leur offrir un récital intime.

Le trait commun et spontané entre la vingtaine d’initiatives inscrites au programme de Tournai Ville en Poésie est la phrase courte poétique, c’est ce qui a rendu

Traces du fugaces, 94 pages, 20×20,8 cm. Éd. Les Déjeuners sur l’herbe asbl.

l’activité sans doute immédiatement attractive. Lors de l’évaluation du projet, le groupe de travail a décidé que cette formule de brièveté poétique serait la marque de fabrique du Printemps des Poètes à Tournai. Elle permet à la poésie de se glisser dans les coins et les recoins de la Cité sans éveiller un sentiment d’inquiétude ou d’hostilité chez certains. La poésie est accessible à tous, c’est le souhait du groupe de travail.

Cette belle énergie n’est pas perdue, elle s’est réfugiée dans « Traces du Fugace », un ouvrage de 92 pages à la couverture jaune canari, l’oiseau qui chante pour une vie plus colorée.

Jacky Legge
Coordinateur de Tournai Ville en Poésie

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